Real Time Web Analytics

PRESS’ en BREF n°14 - ‘17 Au cœur de Nandrin et … sur le corps des Nandrinois !

Depuis ce lundi 13 février, les ouvriers de l’entreprise de démolition commandée par les autorités communales procèdent au démontage de l’ancien bâtiment de l’administration de Nandrin, sur la place Ovide Musin.

Ainsi, pendant trois jours, ils ont retiré les ardoises contenant de l’amiante et effectué un certain nombre d’opérations visant à récupérer des pierres de taille, des pavés et autres matériaux susceptibles d’être réemployés.

Ce jeudi 16 février, c’était malheureusement le grand jour, celui de sa démolition que nous ne pouvons que qualifier de DESTRUCTION.

Construite au milieu des années 50, elle fut inaugurée en 1957 et aurait donc fêter ses 60 ans, en cette année 2017.

Ce « grand » âge était donc tel que la majorité « Expressions Commune(s) a décidé qu’elle ne serait plus opérationnelle et qu’il en coûtera 1.9000.000 euros aux Nandrinois pour bénéficier d’une nouvelle infrastructure pour rendre, en fait, les MEMES services à la population.

Le groupe « uPN » a rappelé à diverse reprises son opposition à ce projet « pharaonique » dans la mesure où il estime, chiffres à l’appui, que les finances communales, déjà fortement endettées, ne peuvent se permettre un tel luxe qui s’effectue au détriment d’autres projets plus nécessaires et moins onéreux (cf. aides aux écoles communales).

Ce qui touche encore les Nandrinois, c’est que cette destruction d’un bâtiment, somme toute, jeune et qui aurait pu être réhabilité, se déroule au cœur même de Nandrin, sur la place Ovide Musin.

En effet, l’ensemble urbanisé constitué par les places Botty et Musin sont la « place Saint-Lambert » de Nandrin, son coeur historique, là où, historiquement donc, ont été édifiés l’ancien château de Nandrin, l’ancienne église et son cimetière, l’ancien tribunal et la maison communale.

A cet endroit précis, comme à Liège, les quatre pouvoirs étaient ainsi représentés, le pouvoir du prince (seigneur), le pouvoir religieux, le pouvoir judiciaire et le pouvoir communal, à savoir celui du peuple.

Trois d’entre eux restent debout et le plus illustratif et caractéristique des libertés publiques est par terre.

Ce qui nous inquiète aujourd’hui et nous en avons eu la confirmation en interpellant ce jour, un échevin présent au triste spectacle, c’est le fait qu’à aucun moment, on ait pensé que, si on démolissait au cœur de Nandrin, on risquait de toucher au souvenir des anciens Nandrinois, ceux qui reposeraient, peut-être encore, dans les entrailles de la place, à savoir dans l’ancien cimetière qui entourait la vieille église Saint-Martin.

Car, le bâtiment de l’administration communale construite dès 1954 se situe à l’emplacement même et après extension vers la place Musin devant l’église, de l’ancien cimetière datant, vraisemblablement de l’Ancien Régime, et qui a accueilli les défunts de Nandrin jusqu’à la fin de l’année 1887 .

A cette date, le conseil communal d’alors le transférait, pour des questions d’espace- « trop exigu pour 1.227 habitants » - et d’hygiène – « il se trouve placé au centre du village à environ 20 mètres de deux ruisseaux dont les eaux sont fréquemment employées à usage domestique » -, à son emplacement actuel, rue Famioul.

Ainsi, lors « des travaux de fondation de la nouvelle église Saint-Martin de Nandrin, en 1928, les ossements humains ont été transportés en tombereau, dans une fosse commune, au nouveau cimetière ».

En 2010, lors des travaux d’accessibilité aux personnes à mobilité publique (construction de la rampe le long de la haie qui délimitait l’ancien cimetière avec la rue qui conduisait à l’entrée de l’église) et de la pose d’un nouveau dallage, devait-on encore retrouver des restes humains qui furent à nouveau déposés dans la fosse publique.

Sur le plan cadastral levé en 1810 et révisé en 1829, « le cimetière (171 A) était bien situé entre l’église et les ruisseaux de Beaumont et du Fond du Bois de Soheit » (source bibliographique:  1833 -1983 Ecole Saint-Martin Nandrin, pp.6, 7 et 48).

Il appartient donc à nos autorités de veiller à respecter la législation en cours relative à la problématique des sépultures et à celle des fouilles à caractère historique et archéologique et il est regrettable qu’à aucun moment, la majorité en place ne se soit souciée de cet aspect des choses, bien trop préoccupée par le devenir de ce bâtiment de prestige.

A plusieurs reprises, nous avons déclaré que le « patrimoine de Nandrin foutait le camp ».

En voici une nouvelle preuve car la rigueur aurait voulu que des fouilles préalables soient conduites, entre autres, à l’emplacement de l’extension de cette nouvelle administration, constituée par la nouvelle salle du conseil, le long dudit ruisseau vers l’église.

Et si demain, les grues et autres engins de chantier devaient mettre à jour des tombes et autres traces des temps anciens, il faut espérer que l’entreprise en charge des travaux respectera la Mémoire du Passé et de ceux qui l’ont construit.

A défaut d’avoir su préserver un patrimoine, que le bourgmestre et ses adjoints préservent au moins le souvenir de ceux qui les ont précédés !

Le groupe « union Pour Nandrin » y sera attentif, « in Memoriam ».

uPNa


Destruction de la maison communale à Nandrin... par sudpresse

 

Les commentaires sont fermés.